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Le Vendée Globe 2008

Sommaire
1. Présentation du Vendée Globe
2. Les régles du jeu
3. Que ne peut-on faire  pas avec un voiler ?
4. Les polaires de vitesse


 


Le vendée Globe

le 8 novembre 2008

Ceux qui me connaissent se doutaient de l'arrivée de cette rubrique que je vais essayer de tenir régulièrement: la rubrique Vendée Globe. Cette course, qui commence le 9 novembre, est à la voile ce qu'est le tour de France au cyclisme, l'évènement planétaire attendu par tous les passionnés.

La Vendée Globe c'est quoi ?
Petite présentation pour ceux qui ne connaissent pas encore cette course:
Le Vendée Globe est en une course en solitaire autour du monde sans escale et sans assistance. Autrement dit: un homme, un bateau, et la mer pour terrain de jeu. Quant au bateau il ne doit pas excéder les 18m et respecter des normes identiques pour tous.

En 1989, lors de la 1ere édition, les marins se demandaient si 1 seul d'entre eux arriverait au bout de cette course. A l'époque c'est Titouan Lamazou qui a remporté l'édition. Depuis il y a eu Alain Gautier (92), Christophe Auguin (96), Michel Dejoyaux (2000) et Vincent Rioux (2004) qui ont inscrit l'épreuve à leur palmarès. Vincent le terrible (son surnom) aura fait le tour du monde en seulement 87 jours, soit tout de même 3 mois en mer.

La course de la décennie ?
Mais alors qu'a donc cette course pour qu'on en parle autant ? C'est d'abord une extraordinaire aventure humaine: 3 mois de solitude, de dépassement de soit même, dans des environnements extrêmes au bout du monde. C'est pour les terriens que nous sommes une sorte de voyage intérieur, un embarquement dans le rêve à bord de leur bateau. Chacun de nous se projette, et imagine y déposer son sac et vivre avec eux une aventure unique.

C'est aussi une formidable épreuve sportive: Il faut se jouer des éléments, anticiper au mieux les difficultés météorologiques, le passage du pot au noir, l'anticyclone de St Hélène, les mers du sud, la remonté de l'atlantique. Il faut également gérer son bateau car pour gagner il faut d'abord finir la course et entretenir le matériel. Il faut enfin préserver le skipper; Dormir souvent mais peu, ne pas dépasser ses limites physiques, savoir être patient, entre endurant, et tenace.


Voila pour le cadre... et maintenant place à la course. J'espère que ces infos régulieres vous permettront de mieux comprendre la course, les choix tactiques, et de devenir vous aussi des passionnés du Vendée Globe.



Les régles du jeu

le 8 novembre 2008

Pour mieux comprendre ce qui va se passer, il faut connaitre les régles:
* Chaque skipper part sur son voilier. Tous font la meme longueur (60 pieds ou 18,28m).
* Le parcours: départ des Sables d'Olonne, arrivée aux Sables d'Olonne avec des points de passage obligés (on parle de "porte") comme les marques d'un slalom de ski (voir la carte)


L'objectif est d'aller de faire le tour du monde et de revenir au Sable d'Olonne avant les autres skippers.

Il y a en fait 2 façons de gagner:
* Rouler plus vite que tout le monde
* Trouver le meilleur chemin


Imaginez que vous fassiez la course avec un ami pour aller de Paris à Lorient en voiture. Vous avez bien sur l'option de rouler à 160 km tout au long du parcours, c'est essentiel de rouler vite, mais ce n'est pas toujours suffisant.

Il faut aussi trouver le bon itinéraire, celui qui vous fera arriver le 1er sur place: est-ce l'itinéraire le plus court ? Est-ce l'itinéraire qui vous fera emprunter le plus d'autoroutes quitte à vous rallonger le chemin ? Peut-être est-ce un itinéraire de campagne qui vous fera éviter les embouteillages qui paralysent les automobilistes des heures entières.

En voile, c'est exactement le problème qui se pose au marin: quel est le bon chemin ? Celui où il y aura le plus de vent pour aller le plus vite ? Celui où on parcourra le minimum de distance quitte à aller moins vite ? Quand on sait qu'en mer pas besoin de route pour avancer, on comprend vite qu'il existe une infinité de chemins possibles,... mais quelle est la meilleure ?

Tout est histoire de météo, et pour bien comprendre cette course, il faut quelques notions de météo !



Que ne peut-on pas faire avec un voilier ?
le 8 novembre 2008


Je suis moniteur au Glénans depuis l’age de 18 ans et la question qui revient inexorablement stage après stage est : un voilier comment ça bouge ? La question peut paraître simple, la réponse est pourtant loin d’être évidente.

Une version simplifiée de la réponse pourrait être : un voilier est poussé par le vent. Mais dans ce cas, le voilier ne peut aller que là où va le vent. Le marin serait alors condamné à suivre les vents dominants.

 

 

Dans cette réponse simplifiée, il y a un peu de vrai. En effet durant des siècles, les principales routes maritimes suivaient les vents dominants quasi permanents du globe : les alizés (vent du nord Est le long de l’Afrique), les vents d’ouest de l’atlantique Nord, etc.…

Jusqu’au jour où l’homme a inventé la voile aurique : cette voile a révolutionné la marine comme l’imprimerie pour l’écriture. Avec la voile aurique, un voilier peut remonter vers le vent. Cela signifie que non seulement le voilier peut suivre le vent, voir faire une route perpendiculaire au vent (voir les lignes vertes sur le schéma), mais il peut désormais pratiquement aller d’ou vient le vent (ligne bleue). Reste qu’un voilier ne peut pas remonter le nez dans le vent, (zone en gris où le voilier ne peut aller) il doit toujours conserver un angle avec le vent pour avancer. C’est l’unique contrainte des voiliers modernes, mais elle conditionne tous les choix tactiques.

Concrètement pour aller d'où vient le vent, le voilier va devoir zigzaguer: un coup à droite, un coup gauche: on dit que le voilier "tire des bords".
 

 




Les polaires de vitesse
Le 8 novembre 2008

 


La pierre angulaire de la stratégie en bateau, c'est la météo. Et la pierre de rosette du marin c'est ses polaires. Qu'est-ce donc qu'une polaire ?

Plus il y a de vent, plus un voilier avance vite, moins il y a de vent... moins il avance. Jusque-là c'est simple. Cela dit, il est aisé de comprendre également que si le vent est bien orienté par rapport à la route du voilier alors le bateau avance plus vite que s'il doit tirer des bords contre le vent (les fameux zigzags). On voit donc qu'en fonction de l'angle formé entre le vent et le voilier alors celui-ci avance plus ou moins vite.  

On voit que la vitesse d'un voilier dépend à la fois de la force du vent et de l'allure du voilier (l'allure étant l'angle formé entre le cap du voilier et le sens du vent). Tout ça peut être représenté sous forme de courbe polaire (la représentation polaire s'apprend en terminal... si vous avez des grands enfants, ils vous expliqueront). J'ai ajouté au dessus une polaire d'un voilier (avec différentes couleurs selon les voiles utilisées - en orange on représente le vent; dans ma représentation le vent vient du nord)


Grace aux polaires de vitesse du voilier (chaque voilier à les siennes), on represente graphiquement sur une carte tous les points que le bateau pourrait atteindre en 1, 2 ou 3 journées dans les conditions climatiques qui sont les siennes (on parle de courbes isochrones). Sur cette base on élabore une stratégie de course à court, à moyen et à long terme.


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